RETENTISSEMENTS AU COLLOQUE DE RENNES "À L'ÈRE DE LA CYBERCULTURE, L'ÉCOLE A-T-ELLE ENCORE UN SENS ?"


Ce colloque, organisé par la Fédération des Écoles Steiner-Waldorf en France, a réuni du 12 au 14 Mars 2010 des professionnels de l'éducation, des parents, des chercheurs, des entrepreneurs et des acteurs de la vie culturelle pour échanger sur les impacts que produisent les techniques de l'information et de la communication sur le développement des enfants et de la société. 
 
Le colloque était conçu non pas pour donner des réponses toutes faites, mais pour avancer ensemble dans nos réflexions... c'était un "colloque élaboratif". Cela peut certes décevoir des personnes qui y cherchaient des recettes et des règles de conduite face aux enfants (les leurs ou ceux des autres pour les éducateurs et professeurs).
Mais nous ne connaissons pas encore bien les effets à long terme de l'usage intensif d'internet sur le comportement ni les effets sur le cerveau ou la santé en général.

Pour nous préparer au colloque nous avions mis en commun des extraits de texte de différents auteurs ayant travaillé sur la question réunis dans le document téléchargeable  "Cybermonde et éducation". 

L'idée de Bernard Stiegler, reprise par Jacques Dallé lors de son exposé, que les TIC seraient un "pharmakon", c'est-à-dire à la fois un remède (une ressource ?) et un poison, a structuré la plupart de nos débats. Christian Verrier, au travers de son expérience riche d'e-learning à l'Université nous a sensibilisé aux possibilités infinies, presque grisantes de travailler en réseau, de mettre en oeuvre des projets communs d'apprentissage et de recherche: en tant qu'outils, les TIC sont un progrès formidable!

Mais, rétorque Christopher Clouder: pour les jeunes enfants exposés à l'écran, que ce soit celui de la télé ("Baby-First" dès 6 mois!) ou de l'ordinateur, ce pharmakon-là devient un poison. L'enfant a besoin de se construire en interaction avec un adulte réel, bienveillant et attentif. La pseudo-personne sur l'écran, ne réagissant pas finement à son comportement à lui, ne peut que le rendre fou. Face à la "technologie froide" des média électroniques, Christopher demande aux adultes responsables de mettre à la disposition des enfants des "technologies chaudes" comme les bacs à sable ! Le petit enfant a besoin de se relier par ses sens au monde réel et non au monde virtuel ! Pour cela il lui reste suffisamment de temps plus tard. A 16 ans on peut conquérir les subtilités d'internet et de la plupart des logiciels en 1 à 2 mois. Protéger le petit enfant contre ces techniques ne risque aucunement de le faire basculer dans un hypothétique fossé numérique. Tout au contraire!

Il y a pourtant des acteurs que cette "ascèse" de l'écran dérange: certains parents veulent se servir de l'écran comme de la "nounou la moins chère, mais surtout: certains lobbies industriels essaient par là de créer des dépendances et d'établir leur pouvoir sur les futurs consommateurs. S'emparer du temps de cerveau disponible (Stiegler) à cet âge constitue un investissement d'avenir promettant une belle rentabilité !

Les ateliers** ont stimulé et approfondi les deux tables rondes. C'était extrêmement participatif, et les intervenants invités* avaient pour fonction non pas de produire des paroles d'experts définitives, mais de nourrir les débats par les connaissances très diverses qui sont les leurs. Nous les remercions chaleureusement !

Deux artistes nous ont eux aussi nourris: Jeff Beer, sculpteur de sons venu exprès de la lointaine Bavière avec tout son matériel, nous a enchantés avec ses percussions à plusieurs reprises. L'écrivain Jeanne Benameur nous a parlé de la puissance de la parole vivante et de celle des mots. Elle était venue avec son éditrice Françoise Nyssen (Actes Sud) que nous remercions doublement: pour ses interventions, mais aussi - tout comme Jean-Paul Capitani - pour son soutien bien en amont de l'événement. La belle affiche par exemple est un de leurs cadeaux au Colloque !

Nous remercions Jean-Michel Perez, enseignant-chercheur en Sciences de l'Éducation à l'Université de Provence, pour sa riche synthèse à la fin de nos travaux.

Nous nous sommes sentis portés et accueillis tout au long de cette rencontre par un groupe d'amis rennais et, plus largement, bretons. Ce sont les parents des enfants du Jardin d'enfants Waldorf qui vient d'ouvrir ses portes près de Rennes à la fin de l'année passée. C'est à eux que nous devons les délicieuses tartes et gâteaux qui ont adouci nos efforts intellectuels! Merci à tous et à toutes pour la réussite de cette rencontre dont nous espérons qu'elle ne sera qu'un début de travail. Car maintenant il s'agit de tirer des productions de ces échanges et de communiquer là-dessus avec les parents, les professeurs, mais aussi les pouvoirs publics. Comme nous aimons beaucoup internet en tant qu'outil, nous vous informerons de la suite sur nos sites respectifs!            M.K.
 
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Voici quelques photos du Colloque:

                   
Jacques:les TIC comme "pharmakon"                            Jeff s'apprête à faire résonner le tambour                Beauté de l'orgue métallique


         
Jeanne et la puissance des mots                                    Faire vivre les idées dans le dialogue

   
    Concentration avant la table ronde                                                    Samedi soir: le temps des agapes dans le vieux Rennes


   
Christopher sait écouter intensément                                        Le public réfléchit et participe

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