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actualisé le 5 OCTOBRE 2017


À CHAUD

De la loyauté en politique


Tu reconnaîtras la loyauté chez autrui en ce qui, te fréquentant, il ne te laissera pas espérer de bons services, ni surtout en craindre de mauvais.
Giacomo, comte Leopardi, Pensées de Giacomo      

Si on en croit le Comte Giacomo, ce philosophe italien du 19ème siècle, on comprend pourquoi dans nos démocraties représentatives on ne peut pas vraiment espérer trouver des élus loyaux: ils se font en général élire sur des promesses, de bons services qu'ils promettent de nous rendre !
Faut-il alors s'étonner qu'après chaque élection présidentielle nous éprouvons déception, amertume, colère face aux promesses rompues, trahisons subies, mauvaises surprises en tous genres ?
Nous reprochons alors aux politiciens que nous venons d'élire leur inconsistance, leur manque de loyauté voire, pour peu que nous les soupçonnons de nous avoir menti depuis le début, leur hypocrisie.
Est-ce possible qu'il en soit autrement ? Je pense que oui !

Il n'y a que les parachutés, ceux qui n'ont pas eu la possibilité de faire leurs preuves qui ne peuvent se fonder que sur des promesses peu fondées. Ceux qui se sont approchés des responsabilités suprêmes par tout un parcours où ils ont d'une part pu se forger les outils d'une action politique efficace et, d'autre part illustrer leurs capacités à relever des défis et à faire face à l'imprévu ne sont pas ainsi réduit à un excès de promesses. Emmanuel Macron, orateur passionné et habile, a séduit ses électeurs sans pouvoir s'appuyer sur les preuves de ses capacités réelles de transformer le pays dans un sens souhaitable. Il a utilisé un certain nombre de concepts flashs comme la transition écologique ou la libération des forces économiques pour le bien de tous. Les notions floues font rêver, mais se dissipent lors de la rencontre avec le réel.
De plus en plus de Français commencent à comprendre que la transition écologique se réduira à augmenter (encore!) certains impôts (diesel, éco-taxe voire taxe sur la mauvaise isolation des maisons) tandis que la libération des forces économiques se traduit par un transfert de milliards d'euros de la poche des retraités vers celles du grand capital. L'agriculture bio est sacrifiée, la protection de notre santé contre les lobbies aussi. La sortie du nucléaire reste hypothétique malgré les pannes en série de notre parc nucléaire suranné et la baisse du coût de production des renouvelables. Les lobbies veillent au grain.

Nous commençons à trouver Macron déloyal. Ses charmes de jeune homme brillant ne font plus illusion et ses discours enflammés (pour l'Europe par exemple) prennent du plomb dans l'aile peu de temps après quand son mépris se déverse sur les riens, les paresseux, les fouteurs de bordel.
Ce matin pourtant un titre de journal (Ouest France) m'a surprise: "Irak. Macron appelle à la reconnaissance des droits des Kurdes." Mais en lisant l'article, j'ai vu qu'une fois de plus c'est du vide. Notre président appelle celui de l'Irak, venu en visite, à respecter les droits des Kurdes "dans le cadre de la Constitution Irakienne", c'est-à-dire en excluant leur droit à l'autodétermination.  En politique étrangère la loyauté a autant de mal à exister qu'en politique intérieure. Les Kurdes qui ont acheté la victoire sur Daesh avec leur sang ne peuvent finalement pas compter sur leur frères d'armes malgré les massacres dont ils ont été et sont encore victimes de la part de leurs voisins (Irakiens et Turcs avant tout).
Facit: ne jamais attendre de la loyauté d'un opportuniste !
MK (5 Octobre 2017)











 

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